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초록
L'herméneutique de Paul Ricoeur s'intéresse en particulier aux formes littéraires, telles que le symbole, le mythe, la métaphore et le récit, dans la mesure où elles montrent par excellence le double sens ou le surplus de sens, caractéristique de la langue littéraire. Déjà, dans son Symbolique du mal, Ricoeur conclut que le Mal peut être atteint, non par la voie courte de la conscience directe, mais par la voie longue de l'interprétation des symboles ou les mythes, C'est ainsi qu'il distingue les différents types de symboles et les mythes du Mal. Il s'agit d'un tournant herméneutique pour relier l'herméneutique du symbole à la réflexion philosophique : le symbole donne à penser. Ricoeur met en question dans De l'interprétation et Le conflit des interprétations “l'immédiateté, la transparence, l'apodicticité” du Cogito cartésien et affirme que le sujet ne se connaît qu'à travers les signes déposés dans sa mémoire et son imaginaire par les grandes cultures, à savoir que par le détour du langage symbolique. Il rencontre alors la problématique de l'innovation sémantique, qu'il essaie de résoudre dans la Métaphore vive et Interpretation theory. Au niveau de la phrase, c'est la prédication impertinente de la métaphore qui produit le surplus de sens grâce à une tension sémantique entre le sens littéral et le sens figuré. Il s'agit alors de la dialectique d'être et de ne pas être, celle de voir-comme et d'être-comme. C'est cette dialectique qui conduit à la fonction heuristique de la métaphore et à la véhémence ontologique de la métaphore vive, une fonction qui nous fait découvrir au-delà de la quotidienneté le vrai réel. Nous avons essayé alors de retrouver la chaîne perdue entre l'herméneutique du symbole et celle de la métaphore : la théorie ricoeurienne de la métaphore, concentrée sur la notion d'innovation sémantique, renforce au niveau linguistique la théorie du symbole, tandis que le moment non-linguistique du symbole donne à la métaphore la force symbolique et matérielle.